Saturday, 18 September 2010

Rachida, Brice et la gymnastique intellectuelle et émotionelle

Le cinéma, le théâtre, un bon roman, ce sont d’excellents moyens pour se distraire un moment, parfois même pour s’instruire. Rien, cependant, n’est capable de nous émouvoir autant que le spectacle perpétuellement renouvelé et toujours étonnant de la politique.

Où, hors une fête foraine, trouverait-on ces revirements vertigineux qui nous coupent le souffle tout en nous amusant et nous révélant le fond de l’esprit humain ? Et je ne parle pas des revirements que font nos politiques – je parle de ceux qu’ils nous obligent à accomplir nous-mêmes.

Prenons le cas de Rachida Dati, par exemple. C’était la fille gâtée de Sarko-le-Grand, parent trop indulgent contraint à la longue à la punir en l’envoyant à Strasbourg au parlement européen. Député européen – qui n’accepterait pas de se sacrifier et prendre la place de Dati ? Surtout si, de surcroît, cela nous permet de vivre à Strasbourg, haut-lieu culturel du monde comme tous ceux qui connaissent la ville sont contraints d’avouer ?
Rachida - faut-il revoir nos impressions ?

Eh, ben, Rachida n’était pas contente. Et elle s’est exprimée en termes absolument explicites avec une amie, à un moment où elle portait toujours le micro, allumé, d’un journaliste.

C’était un incident qui a quelque peu affirmé notre perception de la belle Rachida comme quelqu’un auquel il manquait, comment le dire, un petit soupçon de maturité.

Et aujourd’hui, tout cela change.

Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, tient des propos qui frôlent le racisme. Et qui saute dans la brèche avec son épée dénonciatrice si ce n’est notre Rachida ? Et elle mène son combat avec lucidité et subtilité, en félicitant – sur RTL, allez voir – le Ministre du ‘courage’ avec lequel il a présenté ses excuses. C’est comme si on félicitait un lycéen sur l’élégance avec laquelle il avait raté son bac.

Et la fameuse burka ? ‘Il y a des sujets graves en France – le chômage – la crise financière …’ nous dit-elle, ‘je trouve qu’il y a, pour moi, des priorités beaucoup plus importantes pour les français et la vie des français.’

Que dire ? Si la petite fille qui lançait ces jouets de son landau est devenue un vrai leader, un personnage d’état, posé, profond, une voix de modération, tout l’ordre naturel des choses est bouleversé. La mer est tombée dans le ciel et les arbres dégorgent de poissons.

A part les fêtes foraines, il n’y a que la politique qui puisse nous faire connaître de telles émotions.

Wednesday, 25 August 2010

Les microbes, antidote à l’arrogance

L’être humain est beaucoup trop sûr de lui, en tant qu’espèce. Il est temps de mettre fin à notre arrogance, d’apprendre un peu d’humilité.

Pendant presqu’un milliard d’années, il n’y eut aucune trace de vie sur terre. Ensuite, il y a à peu près 3,8 milliards d’années, apparurent les premiers organismes vivants – tous des microbes. Pendant les trois milliards d’années suivantes, ils sont restés seuls sur terre (dans la mesure où on peut parler de ‘solitude’ dans le contexte d’un si grand nombre d’organismes, affichant une telle diversité). Quant à l’homme, cela ne fait que quelques centaines de milliers d’années que nous sommes là. Des parvenus, quoi, dans un monde qui appartient aux microbes.

D’ailleurs, la situation actuelle nous offre encore des preuves de cet état des choses. La masse totale des microbes sur terre aujourd’hui fait plus de 5000 fois le poids de l’humanité entière. Même à l’intérieur de chacun de nous, 90% des cellules dans nos corps sont des microbes. Les cellules qui sont proprement les nôtres ne constituent que les 10% restants.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ce matin les conclusions d’une équipe des scientifiques de la Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie sur la disparition, apparemment quasi-miraculeuse, du pétrole versé dans le Golfe du Mexique par BP. Cette disparition était en réalité complètement naturelle est le fait de microbes pour lesquels le pétrole est une véritable friandise. Leur population s’est agrandi de façon spectaculaire depuis l’accident et ils réduisent de moitié la quantité de pétrole dans la mer tous les trois jours.

Si nous avons besoin d’une leçon d’humilité, en voilà une. Microbes, je vous salue. Je vous félicite de votre dévouement et du succès extraordinaire dont il a été couronné. Je vous remercie d’avoir si bien réparé les dégâts dont mon espèce a été responsable. Je suis désolé du dérangement que notre présence vous cause.

Surtout, ne vous inquiétez pas trop : étant donné notre façon de nous comporter, elle ne devrait pas vous gêner encore très longtemps.

Monday, 16 August 2010

L'anglais, langue internationale. Et ça aurait pu être pire

Si la France et l’Angleterre ont entretenu depuis des siècles une concurrence parfois sournoise, parfois ouverte et violente, la rivalité entre leurs langues a été tout aussi intense. Cependant, au grand dam de la France, la superpuissance Américaine semble avoir résolu le conflit linguistique entièrement en faveur de l’anglais. Au moins, pour le moment.

C’est dur à avaler, surtout étant donné la prédominance du français il n’y a que deux siècles et demi. A Berlin, quand Frédéric le Grand voulait se faire une réputation d’écrivain, il se mit à écrire en français et demanda à Voltaire de l’aider. Ecrire en allemand, c’eut été se borner à un monde essentiellement provincial. En Pologne et en Russie, la cour parlait français. C’était la langue de la diplomatie. Même aujourd’hui, la traduction en anglais du terme français ‘attaché’ est – ‘attaché’. Il n’y a que la prononciation qui change, et l’utilisation de l’accent aigu, sujet sur lequel les anglophones peuvent se montrer cavaliers, qui fait parfois défaut.

Il est peut-être embêtant de voir triompher l’anglais, mais consolez-vous : cela aurait pu être bien pire. Pour comprendre cela, remontons un petit peu dans l’histoire.

L’année 878 était dure pour l’Angleterre. D’abord, parce qu’elle n’existait pas encore. Ensuite, parce que sur les quatre royaumes qui constituaient ce qui allait devenir le pays, trois étaient tombés sous domination Danoise. Seul résistait le royaume du Wessex, dans le sud et sud-ouest, sous son roi Alfred.

Les Danois, des Thierry Henri avant la lettre, n’étaient pas très fair-play. Ils ont lancé leur attaque peu de temps après Noël. Inadmissible. Personne n’est prêt à se battre au moment des fêtes. On a trop mangé, beaucoup trop bu. Le 6 janvier 878, Alfred subit une défaite cuisante lors d’une bataille autour de son palais à Chippenham. Pendant la fête des rois, vous vous rendez compte. Je n’ai pas pu vérifier s’il eut même droit à la fève. Il dut se retirer et se réfugia dans une région marécageuse, dont il y en avait pas mal à l’époque, le climat étant le même qu’aujourd’hui et le drainage beaucoup moins efficace.

Pendant plusieurs mois il s’occupa à rassembler une nouvelle armée. Enfin, au mois de mai, il lança sa propre offensive et remporta une victoire quasi miraculeuse à la bataille d’Eddington. Le pays fut partagé, entre un nouveau royaume anglais sous Alfred, composé de ses propres territoires du Wessex et l’ancien royaume de Mercie, et le ‘Danelaw’ au Nord et à l’Est, retenu par les Vikings jusqu’au règne d’Athelstan, petit-fils d’Alfred, et premier roi d’une Angleterre enfin unie.

Mais le pas décisif pour l’histoire de la langue fut prise par Alfred lui-même. C’était un grand intellectuel. Il voulut améliorer l’éducation de ses sujets et lança une campagne de distribution des plus grands textes, écrits ou traduits en Anglais. Il traduisit lui-même un texte de St Grégoire.

Il semble que c’est bien à partir de cette époque là que l’anglais devint une langue littéraire, capable d’évoluer vers ce qu’elle est aujourd’hui, le moyen de communication privilégié du monde entier.

Même les Normands, en débarquant presque trois siècles après, ne purent faire du français que la langue de la cour. Petit à petit, l’anglais qui était resté la langue du peuple, se releva et redevint la langue nationale.

Donc, si vous êtes obligés, à contrecœur, d’apprendre l’anglais en France, c’est grâce à la victoire d’Edington obtenu par ce satané Alfred.

Ceci dit, les choses n’auraient guère étaient mieux s’il avait perdu. Il y a de fortes chances que nous parlerions tous Danois aujourd’hui. Et en Suède on dit que le Danois n’est pas une langue mais une maladie de la gorge.

Mieux vaut se résigner à parler anglais.

Monday, 9 August 2010

Le 9 août, anniversaire génant

Deux fois par an, à trois jours d’intervalle, il m’arrive de sourire, d’un sourire un peu jaune j’avoue, de l’histoire de l’intervention occidentale en Iraq.

En 2002 et 2003, les préparatifs à l’invasions ont divisé la Grande Bretagne de fond en comble. Mais si c’était une époque troublante pour le pays, c’est un souvenir personnel qui fait que j’y pense de temps en temps, et sans aucun plaisir.

Nous avons tous connu des moments dont nous nous souvenons avec honte longtemps après. L’un de ces moments, pour moi, s’est produit pendant un diner, entre collègues, dans un petit hôtel du Yorkshire. Nous assistions à un congrès dans la pittoresque ville de Harrogate, mais toutes les chambres de la ville étaient déjà prises. Nous nous sommes donc trouvés dans un village féérique à quelques kilomètres de la ville, tout en pierre grise, caché au fond d’une des vallées vertes, boisées par endroits, ouvertes par d’autres, chacune avec leur petite rivière avec un pont en pierre taillée, vallées qu’on appelle les Dales dans le parler local, nom qu’elles ont donné à cette magnifique contrée, l’une des plus belles du pays.

A table, la discussion a viré sur la question de la guerre dont personne ne doutait plus qu’elle allait éclater d’un jour à l’autre. Nous étions presque aussi sûr de la participation britannique à l’invasion, malgré l’opposition massive dont avait fait preuve le peuple.

Un de mes meilleurs amis était à table avec nous.

‘Nous ne pouvons quand même pas laisser des armes de destruction massive à Saddam,’ disait-il.

‘Mais il n’en a pas,’ répondis-je.

‘Comment le sais-tu ?’

‘Parce que l’ONU est en train d’en chercher, sur le terrain, et n’en a pas trouvé. Ce serait ridicule de partir en guerre pour éliminer une menace qui n’existe pas.’

‘Ben, il faut que tu commences à t’habituer à l’idée que cette guerre, elle se fera, que tu le veuilles ou non.’

Pour une raison que je peux m’expliquer, cette réponse m’a particulièrement irrité, et j’ai répondu avec chaleur, ‘j’espère que les familles des milliers de morts que nous allons faire, surtout de civils mais aussi de nos propres soldats, pardonneront d’avoir agi de façon si légère.’

Malheureusement, je l’ai dit fort – mon ami était à l’autre bout de la table – et par coïncidence, il y a eu un silence dans la petite salle à manger juste au moment où j’ai parlé. Mon hostilité envers un ami proche et loyal fut donc étalé devant tout le monde, collègues et étrangers. Il y eut un instant de gêne partagé par tout le monde dans le restaurant, avant que quelqu’un ait la présence d’esprit de relancer la conversation sur d’autres thèmes.

L’ami en question a sans doute oublié la conversation. Il a de toute façon changé entièrement de position et trouve l’intervention en Iraq injustifiée et profondément contre-productive, comme tout le monde sauf les partisans irréductibles de Bush et de Blair. Mais à chaque fois que je repense à ce moment, je ressens la même gêne de m’être laissé emporter par ma colère, et d’avoir oublié que l’amitié vaut bien l’effort de se taire de temps en temps, même sur des questions qui nous tiennent à cœur. De toute façon ma passion n’allait service à strictement rien.

Et quelles sont les deux dates auxquelles je me souviens plus particulièrement de tout cela ? Et bien, le 6 août et le 9, aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de l’anniversaire des seules deux fois où l’humanité s’est vraiment servie d’armes de destruction massive, en larguant des bombes nucléaires en 1945 d’abord sur Hiroshima et ensuite sur Nagasaki.

La belle ironie est que ce n’était pas les Iraquiens, ni des intégristes musulmans, ni des supposés terroristes qui ont tué les centaines de milliers qui sont morts sur le coup ou des suites du bombardement. Au contraire, c’était précisément les deux pays qui ont mené l’intervention en Iraq pour empêcher l’utilisation de ce genre d’armes par un pays qui n’en avait pas : les Etats Unis appuyés par la Grande Bretagne.

Ce soir je réfléchirai aux paradoxes de la politique internationale. Je me demanderai si les Etats Unis et la Grande Bretagne ne profiterait pas d’apprendre un peu plus de retenue. Mais je me demanderai si moi aussi j’en ai appris, depuis cette lointaine soirée de 2003 dont je ressens toujours une honte si vive.

Saturday, 31 July 2010

Corridas catalanes et romaines

Les choses bougent en Europe du Sud. La Catalogne rejette les corridas ; par contre, en Italie une vieille bête est obligée de se traîner devant un matador habile qui lui inflige un coup peut-être fatal. Cela peut sembler incohérent, mais je suis ravi des deux nouvelles.

J’adore le terme ‘tauromachie’. Son origine grecque lui donne un air érudit, presque intellectuel. Et pourtant ce qu’il représente est un soi-disant sport qui consiste a rendre fou une bête par la torture et ensuite la mettre à mort. Il est curieux qu’elle trouve encore des défenseurs. Je salue donc la Catalogne d’avoir pris la décision de l’interdire à partir de janvier 2012. L’Espagne est si moderne dans tant de ses valeurs, mais en ce qui concerne cette tuerie elle refuse de sortir de la barbarie. Qui sait. Peut-être que dans quelques années elle se laissera moderniser également de ce point de vue, en suivant l’exemple de cette belle région – désolé : nation – je ne veux surtout pas vexer les Catalans.

Entretemps, en Italie Berlusconi approche de son moment de la vérité. Son matador présumé ? Un ancien collaborateur et allié, ancien leader du parti postfasciste, Gianfranco Fini. C’est un personnage remarquable, qui s’est réinventé comme porte-parole d’une centre-droite plutôt libérale. Et je veux dire ‘libéral’ autant du point de vue social qu’ économique.

Cette histoire me rappelle le soir où un ami français est venu me rejoindre dans la petite ville d’Aoste, traditionnellement francophone quoique Italienne. Il souriait et je lui ai demandé la raison.

‘A la frontière,’ m’a-t-il dit, ‘j’ai demandé si je pouvais changer des francs en lires quelque part malgré l’heure tardive.’ Et oui, c’était au mauvais vieux temps avant Schengen et la monnaie unique. ‘Le douanier m’a répondu « tutto si può »’.

‘Tutto si può’. Tout est possible. Cela devrait être la devise italienne. Convertir un fasciste en défenseur des valeurs républicaines ? En Italie, cela n’a rien d’impossible.

En tout cas, si le coup est porté à Berlusconi, pourquoi s’interroger sur sa source ? Au moins lui a des moyens de se défendre bien plus solides qu’un pauvre taureau blessé. Et sa chute nous priverait de quelque chose de bien moins utile.

Une corrida à ne pas interdire, voire à encourager ? Celle, métaphorique, où Berlusconi serait la victime. Aiguise bien ton épée, Fini.

Monday, 26 July 2010

Libertés : la majorité doit protéger celles des minorités

Est-ce qu’il est temps que la lutte pour les droits de l’homme passe à un autre stade supérieur ? Au moins dans les pays démocratiques ?

Je pose la question parce qu’il me semble que la plupart des droits fondamentaux sont plus ou moins acquis de nos jours. Par cela je ne veux pas dire qu’on peut baisser la vigilance : acquis ou non, tout droit peut nous être retiré et il faut être prêt à le défendre. Mais je trouve qu’il y a d’autres droits que nous sommes loin d’avoir obtenus et pour les obtenir, il faut une lutte bien plus dure puisqu’elle se passera d’abord et surtout à l’intérieur de chacun d’entre nous.

Pour ce qui concerne les droits fondamentaux, prenons comme exemple la liberté d’expression, dont Sören Kierkegaard disait que c’est celle que les gens exigent pour compenser la liberté de pensée qu'ils préfèrent éviter. Kierkegaard n’avait peut-être pas tort, mais il me semble quand même que la liberté d’expression reste essentielle. Il faut pouvoir dire au pouvoir tout ce qu’on pense de lui, même si en face on ne nous écoute pas.

Il est donc important de défendre cette liberté. Si un journal danois publie des dessins de Mahomet, la presse française a le droit de les reproduire. Mais c’est là qu’on passe au prochain stade de la lutte pour les libertés. Car qui dit ‘droit’ ne dit pas ‘obligation’. Si on a le droit de mettre les dessins danois à la une de nos journaux, on a également le droit de dire ‘oui, d’accord, mais est-ce que cela aurait vraiment une utilité quelconque ? Ou est-ce que leur seul but est d’emmerder la minorité musulmane ? Si on se montrait moins mal élevés que les Danois et ne les publiait pas ?’

En fait, c’est là ce que je vois se définir la prochaine étape de l’évolution des droits de l’homme. On a établi le principe que c’est la majorité qui décide de la composition du gouvernement, c’est la majorité qui décide des lois, c’est la majorité qui donne à la société une forme à son image. C’est un énorme progrès qu’on en soit arrivé là, que ce ne soit plus quelques nobles et quelques ecclésiastiques qui prennent toutes ces décisions. Mais la prochaine étape est celle où la majorité qui se montre plus éclairé, et surtout plus généreuse, que la minorité dont elle a pris l’autorité. Bref, elle se montrera résolue à défendre les droits de la minorité, des minorités, aussi farouchement que les siens.

En France, elle comprendra que le souhait de 1800 femmes de porter le niqab est un droit à respecter, pas un abus à réprimer. En Angleterre, elle comprendra que la liberté d’expression ne s’applique pas uniquement à ceux dont les idées sont conformes aux notres. Rien ne serait plus facile que d’accorder des droits à ceux qui exprime nos propres idées ; le défi est d’accorder les mêmes droits à ceux qui nous interpellent, que ce soit des députés européens britanniques d’extrême droite invités à s’exprimer sur la BBC, ou des islamistes revendiquant un nouveau califat.

Ceci dit, agir contre des minorités minuscules ne coûte pas grand’ chose aux gouvernements et distrait bien leurs concitoyens d’autres questions, peut-être plus troublantes, telles que le chômage, la dégradation de nos services publiques ou les inégalités de nos sociétés. Peut-être que pour nous aussi c’est plus facile d’interdire le niqab ou nier le droit à la parole à des extrémistes que de faire face aux vraies difficultés de base auxquelles nous sommes confrontées.

La question est de savoir si ce sentiment de confort vaut ou non l’abandon de principes fondamentaux de la liberté universelle.

Tuesday, 13 July 2010

Sarko : les affaires financières font honneur à la France

Vertigineuse, cette chute dans les sondages de l’excellent Monsieur Sarkozy.

Gros titre de Libération : ‘Sondage : Sarkozy chute de 13 points’. Mais là ses avis favorables étaient à 41%. C’était en février 2008.

‘Sarkozy au plus bas’ titrait Le Monde. Mas il était encore à 38%. Quand ? en février de cette année.

Aujourd’hui il n’y a que 32% des Français qui lui font confiance. Même Martine Aubry le devance – Martine Aubry. S’il ne réussit rien d’autre, c’est déjà un exploit de la part de Sarkozy d’avoir rendu Aubry éligible.

Le plus étonnant, vu de l’Angleterre, est le dernier chapitre de cette série passionnante d’accidents à s’être déferlés sur Sarko-le-Grand. C’est l’histoire des 150 000 euros qui auraient, ou qui n’auraient pas, été versés par Liliane Bettencourt à l’UMP avec ou sans l'aide d'Eric Woerth.

Quelle hommage à la probité des Français ! En Angleterre, Michael Ashcroft, une des forces du parti Conservateur et aujourd’hui une des ses vice-présidents, est devenu Baron et membre de la Chambre des Lords en 2000. Officiellement domicilié à Belize depuis des années, il ne payait d’impôts que sur une partie minime de son revenu. Il s’est engagé a régulariser ses affaires fiscales, en contrepartie de son élévation aux Lords.

Mais régulariser ne veut pas nécessairement dire mettre fin à l’arrangement avec Belize qui lui permettait de mettre une si grande partie des ses revenus à l’abri de toute fiscalité. Ce n’est que depuis une semaine, et sous la menace de se voir exclu des Lords, qu’il ait accepté de se faire officiellement domicilier en Grande Bretagne et donc payer ses impôts. En tant que membre d’une des Chambres du Parlement, il comptait légiférer pour nous tous, y compris sur notre fiscalité, sans y être sujet lui-même.

Pendant ses dix ans de pouvoir sans obligation, il a donné, ou du moins une de ses sociétés a donné, 5,1 million de livres au parti Conservateur.

Et la bagatelle de 150 000 euros fait un tel scandale en France ? Quel honneur à la France et son engagement envers une transparence financière parfaite.